STOP à la guerre de l’égo

Ce concept de l’égo est devenu le centre de toutes les réprimandes. Il serait le frein à notre éveil et la source de tous les malheurs sur terre. Cette guerre contre l’égo véhiculée par les écoles spirituelles serait censée nous conduire tout droit vers l’éveil et le paradis sur terre.

Mais que voulons-nous vraiment dire par là ? La guerre de l’égo est-elle réellement la solution aux problèmes de conflits intérieurs et extérieurs sur cette planète ? Voici un sujet qui occupe mes pensées, et celles de bien d’autres je suppose. Mal compris, cette notion peut devenir contre-productive et générer encore plus de souffrance. Alors revenons un peu sur ce sujet controversé et non moins passionnant.

Définitions de l’Ego

Selon wikipédia : Ego est un substantif tiré du pronom personnel latin (moi/je). Il désigne généralement la représentation et la conscience que l’on a de soi-même. Il est tantôt considéré comme le fondement de la personnalité (notamment en psychologie) ou comme une entrave à notre développement personnel (notamment en spiritualité).

L’égo c’est être conscient d’être un « Je », je qui est né avec nous lors de l’incarnation et fait partie de notre nature humaine, qui fait que nous avons conscience d’être une personne, d’avoir un nom, un métier, et d’être différent d’un autre. Il se construit dans l’enfance, au moment où le bébé réalise qu’il n’est pas un avec le monde, et notamment qu’il est séparé de sa mère. En psychanalyse il est bien connu qu’un défaut de la construction du « Je » conduit à une faille narcissique. La personnalité, assoiffée d’amour et immature, est en recherche de fusion perpétuelle ou compense dans la perversion. Le « narcissisme » – l’amour de soi, le sentiment de valeur, l’image que l’on a de soi-même – est une notion complexe et mal perçue, car elle est généralement connotée péjorativement. Elle est, en effet, souvent renvoyée du côté du « trop » et de la pathologie. Celle qu’illustre fort bien le mythe : Narcisse, si amoureux de son image entrevue dans l’eau, qu’il en oublie l’extérieur et les autres. Si captivé par elle, qu’il se noiera en voulant la rejoindre. Et pourtant, on ne le répète assez souvent, aime-toi toi-même si tu souhaites être aimé ?

Mais alors pourquoi cet égo serait-il une entrave à notre développement personnel ? Le problème surrvient surtout lorsque l’égo souffre d’un manque d’estime de soi, d’un défaut de construction de l’égo et non de l’égo lui-même, qui conduirait à une faille narcissique. Les sources se trouvent dans des blessures de rejet, d’humiliation, d’abandon ou autre. Pour combler le déficit d’égo, et pour surmonter la blessure, la personne construit une personnalité en faux-self, sur-adaptée et coupée de sa part divine. Pour se libérer de l’égo, ou plutôt du faux-self, il est impératif de soigner les blessures pour rétablir un égo sain et apaisé, afin de se connecter à notre part divine.

Cerveau gauche et cerveau droit : l’un ne va pas sans l’autre

Comme décrit dans les écrits de Jill Bolte Taylor, cerveau gauche et cerveau fonctionne de façon distincte (cette séparation droite/gauche n’est pas totalement scientifiquement avérée et bien plus complexe, mais soit).La pensée dans le cerveau gauche est centrée sur la personne, et serait donc le siège du « Je », le siège de l’égo. Elle fonctionne de façon linéaire, et ainsi moins rapide que la pensée du cerveau droit. Elle est analytique, rationnelle, et ne tient pas compte des émotions. La pensée du cerveau droit est construite en arborescence, en association d’idées et en image, est plus rapide et prend en compte plus de facteurs inconscient, notamment émotionnels et affectifs.

Lors de son AVC, Jill Bolte Tylor, éminente chercheur en neurosciences, fut privée de son cerveau gauche. Elle a pu ainsi expérimenter les spécificités de cette pensée du cerveau droit. Alors elle dit en effet, avec encore beaucoup d’émotions dans une conférence sur TED, qu’elle a connu le paradis, un puit d’amour inconditionnel. Elle ne savait plus qui elle était, elle était le tout, indistinctement. Mais aussi, elle était incapable de fonctionner dans ce monde qui est le notre sur terre. Elle est devenue plus émotionnelle, extrêmement sensible et vulnérable aux énergies des personnes autour d’elle. Certaines personnes la vidaient de son énergie, et d’autre la remplissait d’énergie par leur bienveillance et leur chaleur. Elle est devenue particulièrement touchée par les critiques et sa rééducation a nécessité beaucoup de patience et d’amour de son entourage, afin de pourvoir reconstruire son « égo », sa conscience du “Je”.

Aussi, éveil spirituel, s’il signifie renoncer à sa pensée analytique et son cerveau gauche, s’il signifie se couper de la conscience d’être un autre, ne conduit certainement pas au paradis sur terre, mais à beaucoup de souffrance. Devoir en permanence prendre en compte toutes les personnes autour de soi avant de pouvoir trouver le bonheur soi-même relève de l’exploit, voire de l’utopie. Selon les statistiques, environ 70% des personnes pensent de façon prédominante avec leur cerveau gauche, et sont donc centrées sur elle-même. Ainsi, en vous focalisant sur l’autre vous allez vous faire avoir dans 70% des cas, cqfd. Ceci ne fera que nourrir la blessure de l’égo, et générer plus de souffrance, qui générera plus de blessures, et c’est le serpent qui se mord la queue.

L’équilibre, encore et toujours

L’univers tend vers l’équilibre, la voie du milieu. Accéder à son cerveau droit, sans une construction saine de votre égo génère beaucoup de souffrance. A l’instar, une pensée trop focalisée sur la personne et égocentrique crée de la souffrance autrour de soi par manque d’empathie, ce qui d’un point de vue planétaire n’est pas non plus une solution à envisageable. N’oublions pas que l’empathie est nécessaire au maintien de la vie sur terre, et a même été observée chez les végétaux.

Alors s’il s’agissait tout simplement de ne privilégier aucun des cerveaux, de ne faire la guerre à aucune partie de soi, et surtout pas à notre égo. Nourrir notre égo pour goûter à la fois l’union au tout, et à la fois à l’amour pour nous-même. Apprendre à nous aimer nous-même, dans notre humanité, avec nos forces et faiblesse, nos qualités et nos défaut, n’est pas là le grand défi de l’humainté. Si alors nous pouvons être tendre et bienveillant avec nous-même, nous pourrons être tendre et bienveillant avec le reste du monde, et s’ensuivra une diminution de la souffrance. Tel ne serait pas notre mission?

« D’abord tu me respecteras, ensuite tu m’aimeras, si tu le veux », parole du Seigneur.

Nous aimer veut dire aussi nous respecter. Si nous prenions tous notre responsabilité afin de nous faire respecter, en tant qu’égal de chaque autre être humain sur cette terre, si nous refusions d’être manipulé, agressé verbalement ou physiquement, si nous avions le courage tous de poser nos limites, cela réduirait aussi la souffrance sur terre. Il est nécessaire de se protéger lorsque les personnes en mal d’égo chercheront à nous prendre notre énergie. S’offrir en pâture ne servira certainement pas l’éveil planétaire.

Développer la conscience de nos schémas dans la bienveillance, s’observer, développer l’estime de soi (c’est-à-dire un égo nourri et construit positivement) conduira à l’acceptation de qui nous sommes, dans notre humanité, dans nos forces et faiblesses. Cela nous mènera à cet équilibre tant recherché, à la paix, non seulement pour nous-même mais pour le monde. Cherchons d’abord à aimer notre humanité pour mieux nous connecter et aimer l’univers entier.

Tout ce qui est doit être. Tout ce à quoi on résiste persiste.